30/01/2008

La spirale des représailles ethniques.

carnet dessin 08-01-30

 

La médiation africaine impuissante devant l'enchaînement tueries/représailles. L'Union européenne réagit lentement.
Les vingt-sept ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont menacé lundi de réduire leur aide au Kenya en cas d'échec des partis à trouver "une solution politique durable et consensuelle" à la crise qui déchire ce pays d'Afrique de l'Est.
Ce n'est pas la première fois qu'une telle menace est brandie. Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, avait déjà évoqué cette possibilité, tandis que les parlementaires européens ont réclamé l'arrêt de l'aide budgétaire au Kenya.
Celle-ci ne représenterait cependant, selon Nairobi, que 3 pc du budget kényan, la très grande majorité de l'aide européenne étant attribuée directement à des projets. Sans compter que les pays membres, Grande-Bretagne en tête, n'ont pas envie d'accroître les difficultés d'un Kenya où ils ont parfois des intérêts importants dans le tourisme, les télécoms ou l'agro-industrie.
Violences hors de contrôle
Or, si en Ethiopie en 2005 - autre cas où les résultats de l'élection ont été falsifiés - les forces de l'ordre sont arrivées à réprimer l'opposition dans le sang et à maintenir le pays sous leur botte, il n'en va pas de même au Kenya, où le pouvoir n'arrive pas à maintenir l'ordre.
La contestation des résultats électoraux, commencée sur le mode ethnique parce que les choix électoraux sont ethniques, a peu à peu pris la tournure de règlements de comptes entre tribus; ceux-ci sont en train d'échapper à tout contrôle.
Après l'annonce frauduleuse de la victoire du président sortant, Mwai Kibaki, les autres ethnies ont attaqué ses Kikuyus, pour exprimer leur exaspération devant un groupe représentant 21 pc de la population et qui détient la plus grande part des pouvoirs politique, économique et des postes de fonctionnaire.
La répression policière a ensuite pris le relais de la violence, frappant principalement les partisans de l'opposant Odinga, nombreux parmi ses Luos (12pc), les Kalenjins (11pc) et les Luyas (14pc).
Depuis quelques jours, des milices kikuyus, notamment les Mungikis - une secte/gang réputée pour sa violence et utilisée à chaque élection par les politiciens kikuyus - seraient derrière le regain de violence dans la vallée du Rift. Lundi, des foules d'hommes armés de machettes se faisaient face dans plusieurs villes de cette région.
Car, entre-temps, le ras-le-bol devant la mainmise des Kikuyus sur le pouvoir a fait place à de plus anciennes rancoeurs : les Kalenjins s'estiment dépossédés de leurs terres de la fertile vallée du Rift par les immigrants d'autres régions; à Kisumu (Ouest, fief d'Odinga), les Luos veulent venger la mort de Luos tués par des Kikuyus et à Naivasha (vallée du Rift), c'est le contraire.
Le médiateur africain Kofi Annan est bien arrivé à obtenir une rencontre de MM. Kibaki et Odinga jeudi dernier, mais pas le début d'une entente. Il peine à présent à leur faire désigner des représentants pour entamer des négociations, de plus en plus difficiles à mesure que les morts tombent dans chaque camp. (d'après Marie-France Cros / La Libre)

09:34 Écrit par A.Cide dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kenya, chaos, ethnies |  Facebook |

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