06/03/2008

Au Maroc, trois ans de prison pour le faux frère du roi sur Facebook.

carnet dessin 08-03-06

On a compté jusqu'à quatre-vingts Nicolas Sarkozy sur Facebook, le réseau social aux 60 millions de profils utilisateurs. Mais ils ont tous été radiés du réseau, contrairement aux six Charles de Gaulle, aux quatre François Mitterrand, aux trois Oussama Ben Laden et aux quatre Prince Moulay Rachid (du nom du frère cadet du souverain marocain, Mohammed VI) que l'on trouve encore sur Facebook.
Le 5 février, deux policiers marocains interpellent Fouad Mourtada, un ingénieur en informatique marocain de 26 ans. Il est accusé de "pratiques crapuleuses" pour avoir usurpé l'identité de Son Altesse royale marocaine le prince Rachid, sur Facebook.
Afin de vérifier qu'il n'est pas un terroriste "cherchant à faire du mal à la famille royale", Fouad Mourtada est détenu au secret pendant trente-six heures et, selon ses proches, aurait été torturé. La presse officielle marocaine l'accuse d'avoir voulu escroquer des chômeurs diplômés et séduire des jeunes filles.
Fouad Mourtada, lui, nie avoir contacté quiconque depuis le vrai-faux compte, qu'il aurait créé par "admiration" pour le prince. Signe du caractère naïf de son geste, il avait utilisé l'ordinateur familial, sans chercher à passer par l'un des nombreux "anonymiseurs", ces sites permettant aux internautes de masquer leur identité.
"PRISONNIER D'OPINION"
"C'était juste une blague, explique l'ingénieur sur son site de soutien. Je regrette mon geste et implore le pardon pour le mal que j'ai causé à toute ma famille. Je ne suis pas un malfaiteur, mon ambition dans la vie était simplement d'avoir un travail stable et une vie normale." En l'absence de tout plaignant, Fouad Mourtada a néanmoins été condamné, le 22 février, à trois ans de prison ferme et 10 000 dirhams (874 euros) d'amende.
Amnesty International menace de faire de Fouad Mourtada un "prisonnier d'opinion" et Reporters sans frontières (RSF) accuse à mots couverts Maroc Telecom, filiale de Vivendi, d'avoir aidé la police "à traquer ses clients".
La blogosphère marocaine, l'une des plus actives du Maghreb, prend fait et cause pour Fouad. Elle dénonce l'absurdité de cette affaire, l'image désastreuse qu'elle donne du pays et les retombées économiques négatives que cela pourrait engendrer. Elle craint aussi que la répression qui s'abat sur tout journaliste osant désacraliser le roi ne s'abatte sur les blogueurs.
Helpfouad.com, créé le 11 février pour défendre Fouad Mourtada, serait aujourd'hui l'un des sites les plus visités du Maroc. Plus de 4 000 internautes ont rejoint le groupe qui, sur Facebook, a organisé le 1er mars des manifestations de soutien à Rabat, Paris, Montréal, Londres, Bruxelles ou encore Washington. (d'après Le Monde)

09:50 Écrit par A.Cide dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maroc, facebook, amnesty, blog, prison |  Facebook |

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