12/06/2008

L'Irlande tient toute l'Europe en haleine.

carnet dessin 08-06-12

Près de trois millions d'Irlandais se rendent aux urnes ce jeudi pour se prononcer sur la ratification du Traité de Lisbonne. Ils sont seuls dans l'Union à organiser un référendum sur la question. Le clan du « non » pourrait l'emporter. Ce serait une nouvelle tuile pour le processus européen.
Le suspense est absolu. Quelque trois millions d'Irlandais de plus de dix-huit ans appelés aux urnes ce jeudi vont-ils rejeter le Traité de Lisbonne ? Les derniers sondages d'opinion le disent : une victoire du « non » est loin d'être exclue. Vague certitude : un temps nuageux mais assez sec devrait favoriser la participation au référendum. Les partisans du traité censé moderniser l'Union européenne élargie à vingt-sept pays, s'accrochent à ce « facteur M » : la météo. Car l'expérience a montré qu'un faible taux de participation trahit une forte mobilisation du « non », le « oui » préférant vaquer à d'autres occupations…
« Il reste plus d'un quart d'indécis. Le résultat dépendra d'eux, ainsi que du taux de participation », estime Pat Cox. L'ex-président (irlandais) du Parlement européen, à la tête de l'hémicycle de 2002 à 2004 au moment de la rédaction de la défunte Constitution européenne, mène campagne au sein de l'« Irish Alliance for Europe », un mouvement de la société civile. « Il y a un air de déjà vu » dans cette campagne, note Pat Cox. Nombre des critiques lancées contre Lisbonne par le camp du « non » reviennent comme une antienne à chaque référendum sur l'Europe. « Il n'y a rien dans le traité qui puisse décider quelque chose par rapport à nos lois sur l'avortement. Cela n'a pas empêché un révérend très anti-européen d'évoquer cette question. La story européenne de l'Irlande est très positive mais ces questions affectent le débat. Sans ces débats, les gens disent que l'Europe, c'est très bon ! En 1973, notre PNB équivalait à 58 % de la moyenne communautaire, 67 % en 1987 et 146 % après l'Acte unique… », martèle Pat Cox. « L'Europe doit se libérer de l'introspection et accoucher ».
Les Irlandais en décideront. Ils sont les seuls, en vertu de leur constitution nationale, à être directement impliqués dans la ratification du Traité soumis partout ailleurs au vote des Parlements – une formalité : 18 pays sur 27 ont déjà mené l'exercice à son terme. La pression placée sur les épaules des citoyens de l'île est immense. Et, peut-être, trop lourde pour ce peuple irrédentiste après des siècles de domination britannique, à qui l'on demande de dire « oui » à un texte difficile à saisir, et conçu comme tel… pour éviter les référendums, alors qu'un début marasme surprend les habitants du « Tigre celtique », surtout les moins gâtés, et que la tentation d'un vote-sanction anti-gouvernement n'est jamais loin. Verdict officiel ce vendredi 13.
Une victoire du « non » plongerait à coup sûr l'Europe dans une nouvelle crise majeure, elle qui tourne au ralenti et sans cap clair depuis des mois… pour ne rien entreprendre qui effrayerait l'électeur irlandais. Cette nouvelle commotion interviendrait trois ans après le rejet de la Constitution lors des référendums en France et aux Pays-Bas, illico suivi par un gel du processus de ratification dans plusieurs Etats membres, avant un laborieux dégel. Le rejet de Lisbonne par les Irlandais carboniserait le calendrier des dirigeants européens, qui rêvent d'une entrée en vigueur du Traité au début de l'an prochain – à l'impérative condition d'avoir été ratifié par l'ensemble des Vingt-Sept ; on guettera de près la réaction des capitales les plus eurosceptiques. Le « non » ruinerait aussi l'ambition du président français Sarkozy, qui prend la présidence semestrielle de l'UE le 1er juillet, d'orchestrer les nominations prévues à la tête de l'Union par le Traité.
Quant à l'Irlande, elle n'aurait que la possibilité – humiliante – de demander à ses électeurs de revoter (option catégoriquement repoussée jusqu'ici par Dublin) et à ses partenaires de négocier un aménagement du texte – mais lequel, vu l'hétérogénéité des revendications des partisans du « non » ? L'Irlande ne pourrait en tout cas pas prétendre au bénéfice d'une nouveauté prévue par Lisbonne : un retrait volontaire de l'Union.  ( PHILIPPE REGNIER / Le Soir)

11:19 Écrit par A.Cide dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : europe, irlande |  Facebook |

Commentaires

NON ! pourvu qu'ils disent NON !
eux au moins on leur a demandé leur avis mhm

Écrit par : bio | 12/06/2008

bio, c'est vrai, nous sommes des moutons, on ne peu que bêler....

Écrit par : Christiane | 17/06/2008

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