25/08/2008

Bilan des JO. Organisation parfaite, opposition étouffée et succès sportifs.

Des figurants étrangers sur une passerelle d’avion prêts à repartir, face à la flamme olympique à peine éteinte. C’est l’une des scènes qui ont marqué la cérémonie de clôture hier soir dans le «nid d’oiseau», devant 91 000 spectateurs, au premier rang desquels les plus hauts dirigeants du pays applaudissant mécaniquement. Leurs visages de cire n’ont laissé transparaître aucune émotion, en contraste avec la liesse des athlètes défilant dans le stade. Du côté de la presse et des fonctionnaires chinois, on parlait de «succès» total ayant permis de montrer la «vraie face de la Chine» au reste du monde. Jacques Rogge, président du Comité international olympique, a qualifié ces JO d’«exceptionnels». Lorsque Boris Johnson, le maire de Londres, qui organise les JO en 2012, a reçu le drapeau aux cinq anneaux de son homologue pékinois, le tissu s’est froissé et il a peiné pour le démêler.

Tout s’est déroulé comme du papier à musique. Les 20 000 journalistes étrangers ont été quasi unanimes à applaudir l’accueil et le professionnalisme de l’organisation. Dans les rues, hier soir, la joie et la fierté étaient réelles, le soulagement aussi. Des volontaires pleuraient de bonheur, des policiers épuisés par des semaines de factions ininterrompues ont lâché des sourires aux passants venus acclamer les feux d’artifices ou regardant la cérémonie de clôture dans les restaurants. Du point de vue de Pékin, ces Jeux sont un sans-faute et une triple victoire. La première est technique. Il n’y a eu aucun accroc important. Les épreuves se sont parfaitement déroulées. La sécurité omniprésente a fonctionné à plein régime - à l’exception du meurtre par un déséquilibré d’un membre de la famille de l’entraîneur de volley américain - et aucun débordement ou acte de terrorisme n’a été enregistré dans Pékin.

Consignes. La deuxième victoire est politique. Avec la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays depuis plusieurs semaines, aucune voix discordante n’a pu troubler l’événement. Les dissidents ou critiques locaux ont été placés en résidence surveillée, arrêtés ou priés de quitter la capitale. Respectant la consigne, les médias chinois n’ont pas relaté les aspects négatifs, ni les manifestations sporadiques d’étrangers pour les droits de l’homme, qui n’ont pas eu de lendemain. Etouffées dans l’œuf, elles ont conduit à plusieurs arrestations et quelques journalistes ont été malmenés. Loin de libéraliser le pays, ces Jeux ont au contraire permis le renforcement du contrôle de la société.

Supériorité. La troisième victoire est celle de la fierté nationale. La moisson de médailles d’or chinoises (lire ci-contre) a permis aux dirigeants d’offrir à leur peuple un sentiment de confiance retrouvée, ce qui était l’un des objectifs annoncés. Le nationalisme débordant de ces dernières années s’est retrouvé canalisé dans la supériorité sportive. Le Chinois de la rue ne pense pas encore à rembourser les dépenses de l’Etat et de toute façon il n’a pas son mot à dire. Avec un coût total de près de 30 milliards d’euros, ces JO resteront longtemps comme les plus chers de tous les temps. Cher pour un pays en passe de devenir la troisième économie mondiale, mais qui reste très pauvre en moyenne en PIB par habitant. Beaucoup des infrastructures bâties pour les JO, comme les autoroutes, les lignes de métro resserviront. Mais, et comme ailleurs avant, les Jeux auront coûté plus cher qu’ils ne rapportent. Pas seulement en argent dépensé, mais aussi en gel d’investissements durant la période olympique pour les projets de santé, d’éducation, dont le reste du pays a tant besoin, surtout l’année où un séisme a ravagé le Sichuan et coûté la vie à près de 80 000 personnes.

A Pékin, le grand civisme des habitants n’a pas fait oublier les dizaines de milliers d’expulsions décidées au nom des JO. Leur ultime symbole restant ces deux dames septuagénaires, condamnées pendant les Jeux à un an de travaux forcés : chassées de leur maison, elles avaient osé demander l’autorisation de manifester pour obtenir des compensations pour la perte de leur maison. Restent des dizaines de friches entourées de palissades, projets prévus pour les JO. Autant de terrains précieux faisant des promoteurs les autres grands vainqueurs de ces Jeux. (d'après ABEL SEGRÉTIN / Libération)

carnet dessin 08-08-25

09:07 Écrit par A.Cide dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bilan, pekin, jo |  Facebook |

Commentaires

MAIS OU ETAIS-TU? Tu n'es pas un peu fou de te taire comme ça pendant si longtemps! On t'a aussi baillonné pendant tout ce temps?
Bizzzzzzzzz
;-)))))))))))

Écrit par : Clito2 | 25/08/2008

notre A Cide est il encalminé ? ou bien trop occupé à écoper pour faire coucou par la fenêtre ?
toi ton oeil et ta plume, vous me manquez ... Reviens, s'il te plait

Mijo

Écrit par : Mijo | 09/09/2008

Hello ! J'en viens, j'ai pas rapporté de médailles, mais j'i acheté quatre paires de nouvelles chaussettes pour trois fois rien, et encore !

Écrit par : xian | 14/09/2008

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