24/09/2008

Feu vert au Taser, une arme controversée, pour les policiers municipaux.

PARIS - Les 20.000 policiers municipaux pourront prochainement utiliser le controversé pistolet électrique Taser, en complément ou à la place de l'arme qu'ils sont autorisés à porter depuis 2000.
Un décret du ministère de l'Intérieur "relatif à l'armement de la police municipale", daté du 22 septembre et publié mardi par le Journal officiel, autorise en effet le pistolet à impulsions électriques (PIE) de type Taser, déjà en service dans la gendarmerie et la police.
Il complète le décret du 24 mars 2000 autorisant les policiers municipaux au port des revolvers 38 spécial ou des pistolets 7,65 mm, armes également de 4e catégorie.
Le Taser X-26 envoie deux dards administrant à la personne visée une décharge de 50.000 volts, la tétanisant quelques secondes, le temps de la maîtriser.
Chaque maire devra demander au préfet une autorisation individuelle de port du Taser pour chacun de ses policiers qui seront ensuite formés lors d'un stage obligatoire, notamment en recevant une décharge.
Selon le président de Taser France, Antoine Di Zazzo, 346 mairies souhaitent s'équiper du Taser X-26, pour un coût unitaire d'environ 1.500 euros. Une caméra intégrée filme chaque utilisation et une puce enregistre l'heure, la date, la durée de chaque tir et le nombre de tirs.
4.615 Taser sont déjà en service dans la gendarmerie et la police, selon les chiffres obtenus par l'AFP.
Les 2.620 Taser de la gendarmerie ont été utilisés 105 fois en 2006, 170 fois en 2007 et à 271 reprises depuis le début de l'année "sans incident", selon la direction de la gendarmerie. Le Taser a permis de réduire de 15 % l'usage des armes à feu chaque année.
Les 1.995 Taser de la police ont été utilisés 110 fois "sans incident" en 2007, selon la direction de la police nationale.
Cette arme était attendue depuis plusieurs années par de nombreux édiles comme Alain Kelyor, maire UMP d'Emerainville (Seine-et-Marne), une commune de 8.000 habitants.
"Le Taser, a-t-il affirmé à l'AFP, est beaucoup plus inoffensif sur les délinquants qu'une balle de 7,65 mm et, dès que mes douze policiers auront l'autorisation pour le Taser, je leur retirerai le pistolet Beretta".
Un avis partagé par le député-maire UMP de Woippy (Moselle) François Grosdidier qui veut équiper la vingtaine de ses agents municipaux de Taser ou par celui de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany (UMP).
Michel Lecquio, président national de l'Union nationale des agents de police municipale (UNAPM, affiliée à la CFE-CGC) "ne pense que du bien" de ce décret. De son côté, le syndicat national des policiers municipaux (SNPM, CFTC) assure que le Taser "ne constituait pas une priorité".
Toutefois, le Taser reste controversé et le Parti socialiste est opposé "fermement" à son extension aux polices municipales.
De son côté, Amnesty international France réclame "un moratoire" sur l'utilisation du Taser tant qu'une "enquête approfondie et impartiale n'aura pas été menée", tout comme le député Verts Noël Mamère et le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) Olivier Besancenot.
Amnesty International affirme que plus de 290 personnes sont décédées aux Etats-Unis depuis 2001 après avoir été touchées par ces armes.
Mais, selon Taser-France, ces chiffres ne portent pas sur le même type de produit que celui utilisé en France, le modèle X-26.
Selon une étude publiée en septembre 2007 par la revue des Samu de France, l'innocuité du Taser paraît confirmée "lorsque les précautions d'utilisation sont strictement respectées". (Par Pierre-Marie GIRAUD AFP )
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09:27 Écrit par A.Cide dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : police, arme, amnesty, taser |  Facebook |

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