25/06/2008

L'armée va devoir se serrer le ceinturon d'ici 2015.

carnet dessin 08-06-25

 

Bruxelles- On en a tellement parlé qu'on a fini par le prendre pour l'Arlésienne. Après six mois d'attente, le ministre de la Défense présente donc sa note de politique générale, ce mercredi, en trois phases. Alors que la direction de l'armée est déjà au parfum, la base (entendez : les syndicats), les élus et l'opinion publique seront progressivement informés. Que sait-on déjà du plan ? Son titre où il sera question de "quelles forces armées pour le XXIe siècle ?" Pour le reste, rien, niks, nada... Seule certitude : il s'agira davantage d'un plan d'économies et de restrictions que d'un redéploiement. Pieter De Crem a d'ailleurs annoncé la couleur au "Zevende dag" et à la "DH" du dimanche..
1.Effectifs. Pieter De Crem ne revient, évidemment, pas sur la grande réforme initiée par André Flahaut, mais il aimerait atteindre dès la fin 2011 la barre des 37 725 hommes prévue en 2015. Comment ? C'est là que ça se complique. En avril dernier, une esquisse de plan parlait d'accélérer le processus en affectant 500 militaires actuels à la fonction publique, alors que par des mesures de mises en disponibilité, l'on pourrait aussi dégraisser l'armée de 2 500 personnes en 2009 et encore de 1 500 en 2010. Deux mois plus tard, le ministre réduit la voilure et parle de 3 000 départ d'ici juin 2011, mais il a maintenu l'idée des transferts dans la fonction publique dans le cadre de carrières mixtes.
2.Carrière mixte. Si la proposition déjà formulée par André Flahaut de muer les militaires en gardiens de prisons est généralement bien accueillie, sa traduction est moins aisée. Selon Dirk Deboodt, de la CGSP-Défense, il y a certes eu 750 personnes à une réunion d'information à Neder-over-Heembeek, mais moins de 300 ont passé les épreuves de sélection au Selor. Ce qui fait dire à la centrale générale du personnel militaire (apolitique) que Pieter De Crem pourrait déjà être très content si 200 franchissent le pas... La tranche des "quadras" est en ligne de mire.
3.Départs avancés. Pour l'heure, l'âge de la pension des militaires est de 56 ans. Les syndicats n'excluent pas des formules de mise en disponibilité où à partir de 51 ans, les militaires pourraient continuer à toucher les trois quarts de leur salaire. La formule est intéressante car ils sont légion, effet du baby-boom de l'après-guerre. Si l'on veut arriver à une armée plus jeune et plus réduite, il est temps de penser à ceux qui approchent de la fin de la carrière.
4.Fermetures accélérées. Autre mesure probable : certaines installations seront vendues plus vite que prévu, donc avant 2015 et on développera les synergies.
5.Besoins en matériel. L'on sait que le ministre de la Défense a annoncé dans nos colonnes lors de sa première grande sortie médiatique que l'armée allait retourner à ses "fondamentaux" et ne plus être une agence humanitaire parallèle, mais d'aucuns, et non des moindres, se demandent si les mesures de restrictions probables permettront réellement de remplir les missions. Depuis l'affaire des canons de 90 mm, on se doute qu'on n'ouvrira plus guère son gousset pour compléter le matériel. D'où le SOS du général Van Daele qui a annoncé que, faute de moderniser les F-16, l'on ne pourrait plus opérer avec les Américains... Pauvre armée : on n'a pas indexé le budget, ni donné le coup de pouce promis sous Verhofstadt... (Christian Laporte / La Libre)

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23/06/2008

Appel de 52 artistes contre le piratage sur le net.

carnet dessin 08-06-23


52 artistes, parmi lesquels Etienne Daho, Johnny Hallyday, Diam's et Charles Aznavour, se mobilisent contre piratage sur le net dans un appel intitulé "Ne pillez pas nos oeuvres", publié dans le Journal du Dimanche (JDD).
Ils se disent "très inquiets" par le téléchargement illégal de leurs oeuvres. "Ne soyons pas hypocrites", lancent-ils à ceux qui "essaient de faire croire que la liberté (...) de faire tout et n'importe quoi sur internet est un droit de l'homme que rien ne saurait contrarier".
Ils indiquent également soutenir le projet de loi anti-piratage proposé par la ministre de la Culture.
Christine Albanel a présenté mercredi dernier en conseil des ministres un projet de loi pour dissuader les internautes de télécharger illégalement des oeuvres, d'abord en leur envoyant des avertissements puis en suspendant provisoirement leur abonnement à internet.
Ci-dessous les signataires de l'appel:
Etienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay, Maxime Le Forestier, Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Pascal Obispo, Jacob Devarrieux, Elie Seimoun, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy4delarime, Abd Al Malik, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Arthur H, BB Brunes, Liane Foly, Emmanuelle Seigner, Ridan, Renan Luce, Zita Swoon, Johnny Hallyday, Empyr, Kenza Farah, Shine, Camaro, Diam's, Renaud, Romane Cerda, Cali et la Grande Sophie. (AFP)

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20/06/2008

La Belgique sniffe 1,75 tonne de coke par an.

 

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Les Belges consomment chaque année 1,75 tonne de cocaïne, ce qui correspond à 17 millions de doses de 100 milligrammes, selon une extrapolation effectuée par des chercheurs à partir de l'analyse des eaux de surface des cours d'eau et des eaux des stations d'épuration.
Les consommations de cocaïne les plus élevées ont été mesurées dans les grandes villes, comme Bruxelles, Anvers et Charleroi, et principalement durant le week-end, selon les résultats du projet « COWAT », réalisé pour le compte du Service public fédéral Politique scientifique.
Quotidiennement, en semaine, 1,03 gramme de cocaïne est consommé par 1.000 consommateurs potentiels âgés de 15 à 45 ans, contre 1,41 gramme en moyenne durant le week-end.
L’usage le plus important se situe dans la zone métropolitaine de Bruxelles, avec 1,83 gramme de cocaïne par jour le week-end, et 1,29 gramme quotidien en semaine.
Ces chiffres sont respectivement de 1,22 et 0,99 grammes en Wallonie, et de 1,43 et 1 gramme en Flandre. Soit l’équivalent de 1,75 tonne par an pour toute la Belgique – 985 kilos en Flandre, 523 en Wallonie et 243 en Région bruxelloise.
Cette drogue addictive qui stimule le système nerveux central, extraite de la plante de coca, s’est popularisée ces dernières années par un usage « récréatif » en augmentation grâce à la démocratisation de son prix. De 60 euros le gramme en moyenne entre 1996 et 2000, le prix de la cocaïne a fortement baissé entre 2000 et 2004, pour atteindre 40,8 euros le gramme en moyenne, peut-on lire dans le rapport des chercheurs.
Pour en estimer la consommation réelle en Belgique, ils ont analysé la teneur en cocaïne et en benzoylecgonine, métabolite de cette drogue, dans des échantillons d’eaux usées et d’eaux de surface de fleuves et de rivières, prélevés à différents endroits et moments en Belgique. Environ 10 % de la cocaïne consommée n’est en effet pas métabolisée par le corps humain et est rejetée telle quelle dans les urines. Le produit majoritairement excrété (45 % environ) est la benzoylecgonine.
Les résultats obtenus, présentés jeudi à la presse, sont semblables à ceux d’études similaires réalisées dans l’Union européenne. Valables pour environ 3,7 millions d’habitants, ils ont été extrapolés à la population belge totale.
Selon les chercheurs des universités de Liège et d’Anvers, cette méthodologie, « plus directe et objective » en fournissant une image précise de la consommation de drogue dans une région géographique, peut « constituer une bonne base pour les études sociologiques ou l’évaluation des campagnes de prévention contre la drogue. Les résultats obtenus par ce genre d’analyse peuvent être directement exploitables et utilisés par la police et d’autres organisations afin d’identifier les régions à problèmes et d’établir ainsi des priorités dans la politique de gestion des drogues ».
(D’après Belga)

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19/06/2008

Bono accuse le G8 de ne pas tenir ses promesses.

carnet dessin 08-06-19

Les stars du rock Bono et Bob Geldof ont accusé mercredi les pays riches du G8 de ne pas tenir leurs promesses d'aide à l'Afrique, appelant la France à profiter de la présidence de l'Union européenne pour changer la donne.
 Selon ONE, les pays du G8 - Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Canada, Russie - n'ont apporté que 14% de l'aide promise, soit 3 milliards de dollars sur les quelque 22 milliards annoncés.
 "Quel échec !", a lancé Bob Geldof, organisateur des concerts "Live Aid", lors d'une conférence de presse. "C'est une honte que les pays riches aient échoué si lamentablement", a-t-il ajouté. "Une honte que les pays chanceux ne donnent qu'une petite fraction de leur richesse à un continent qui n'est situé qu'à 12 km de nos côtes".
 Il devait être reçu par la ministre française de l'Economie Christine Lagarde dans l'après-midi.
 En 2005, lors de leur sommet de Gleneagles (Ecosse), les pays du G8 s'étaient engagés à augmenter de plus de 26 milliards de dollars leur aide à l'Afrique d'ici 2010. Depuis, plusieurs révisions des objectifs à la baisse ont ramené ce chiffre à 21,8 milliards de dollars, rappelle ONE.
 Les responsables de l'organisation, dont Bono et Bob Geldof, ainsi que l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, ont appelé le président français Nicolas Sarkozy à faire en sorte que les engagements du G8 soient tenus.
 La France doit exercer à partir de juillet la présidence de l'Union européenne. "Votre président, Nicolas Sarkozy, se rend demain à Bruxelles. Si la France faillit à ses promesses, les autres feront pareil", a estimé le chanteur Bono, connu pour ses engagements militants.
 "On a la possibilité, grâce à la présidence française, de changer le message" délivré par les pays riches, a renchéri l'ancienne star de tennis et chanteur Yannick Noah.
 "Le leadership européen est décisif pour remettre le G8 sur la bonne voie. Or nous sommes à un moment crucial pour la France et le président Sarkozy, affirme l'organisation non-gouvernementale, citant, outre la future présidence française de l'UE, l'adoption prochaine du budget de la France.
 "Le rythme insuffisant de l'aide du G8 et de l'Union européenne à l'Afrique est très inquiétant", ajoute ONE qui souligne toutefois que celle déjà apportée "a
 eu des effets concrets".
 Concernant le sida, 2,1 millions d'Africains séropositifs sont maintenant sous traitement antirétroviral qui pourrait sauver leur vie alors qu'il n'y en avait que 50.000 en 2002.
 Selon ONE, 26 millions d'enfants ont été vaccinés entre 2001 et 2006 contre des maladies contagieuses potentiellement mortelles et 29 millions d'enfants africains ont pu aller à l'école pour la première fois grâce aux mesures d'allègement de la dette et à l'augmentation de l'aide des pays riches entre
 1999 et 2005.
 "Quand la communauté internationale s'investit, les résultats sont là", a insisté le directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, Michel Kazatchkine. "On sauve au moins 100.000 vie par mois avec l'argent du Fonds", a-t-il souligné.
 La France a récemment repoussé à 2015 son objectif de porter le montant total de son aide publique au développement (APD) à 0,7% de son Produit intérieur brut (PIB).
 Les pays du G8 n'ont pas fixé d'étapes pour arriver à l'objectif fixé mais, selon ONE, il faudrait qu'ils augmentent leur aide collectivement de 6,4 milliards de dollars en 2008 pour l'atteindre dans les délais fixés. (DH)

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17/06/2008

Appel de cancérologues à la prudence dans l'utilisation des portables.

carnet dessin 08-06-17

 

PARIS (AFP) - Une vingtaine de scientifiques, essentiellement des cancérologues, ont lancé un appel à la prudence dans l'utilisation des téléphones portables en l'absence de conclusions scientifiques définitives sur leur éventuelle dangerosité pour la santé.
Les signataires du texte, publié dans le Journal du Dimanche, dressent une liste de mesures de précaution simples qui peuvent être prises dans l'attente de données plus complètes.
Selon le ministère de la Santé, aucune preuve scientifique ne permet aujourd'hui de démontrer que l'utilisation des téléphones mobiles présente "un risque notable" pour la santé, que ce soit pour les adultes ou les enfants.
Cependant, plusieurs études récentes, qui doivent encore être approfondies, mettent en évidence la possibilité d'un risque "faible" d'effet sanitaire lié à une utilisation intense et de longue durée (plus de dix ans) d'un mobile.
Une étude internationale de grande ampleur, menée dans 13 pays sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est actuellement en cours.
Si de nombreuses études sont menées à travers le monde, la question de leur financement et de l'indépendance des experts qui ont en la charge suscite régulièrement de vives polémiques.
Pour les scientifiques à l'origine de cet appel, parmi lesquels figurent, outre des médecins français, un Italien, un Néerlandais et un Américain, le mode d'utilisation des portables doit s'articuler autour de dix règles.
Ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence, maintenir le téléphone à plus d'un mètre du corps lors des communications en utilisant le mode haut-parleur ou un kit mains libres ou une oreillette, éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en veille.
Le texte suggère aussi de communiquer plutôt par SMS et d'éviter d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides en voiture ou en train.
"Nous sommes aujourd'hui dans la même situation qu'il y a cinquante ans pour l'amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu'il y a un faisceau d'arguments scientifiques inquiétants", explique Thierry Bouillet, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny et signataire de l'appel.
Pour le professeur de psychiatrie David Servan-Schreiber, à l'origine de ce texte, il faut "absolument" prendre des précautions du fait de l'absence de recul suffisant dans le temps.
"Même sans preuve définitive, il faut expliquer aux gens que l'usage des portables n'est sans doute pas anodin", explique dans le JDD l'auteur de plusieurs best-seller sur la santé.
Depuis plusieurs années, nombre d'experts à travers le monde mettent en garde contre un usage immodéré par les enfants: leur système nerveux, en cours de développement, pourrait être plus sensible aux rayonnements.
Début janvier, deux associations de défense de l'environnement, Agir pour l'environnement et Priartem, avaient réclamé au ministère de la Santé l'interdiction à la vente d'un téléphone portable destiné spécifiquement aux enfants.
Le ministère n'avait pas donné suite à cette demande. Dimanche, à la suite de l'appel des scientifiques, les deux associations ont renouvelé leur demande pour une "campagne officielle", similaire à celle sur les dangers du tabac.

09:30 Écrit par A.Cide dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : portable, sms, gsm, cancer |  Facebook |

13/06/2008

Face à la hausse des appels, SOS-Amitié manque de bénévoles.

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Evoquer SOS-Amitié, c'est réveiller immanquablement le souvenir d'une scène ou d'une réplique du film Le Père Noël est une ordure. La réalité est loin d'être aussi joyeuse, même si les bénévoles qui donnent de leur temps et de leur énergie à cette association d'écoute et de prévention du suicide sont loin d'être dépourvus d'humour et de recul. Mieux vaut, d'ailleurs, être doté de ces deux qualités pour faire face aux situations douloureuses, qui sont plutôt en augmentation.
En 2007, SOS-Amitié a reçu 724 000 appels téléphoniques (soit 2 000 par jour) contre 600 000 en 2000. Soit, une hausse de 20 % en sept ans.
Résultat : l'association créée en 1960, reconnue d'utilité publique en 1967, serait presque en passe de lancer son propre SOS. "Aujourd'hui, pour être présents 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sur nos cinquante centres d'écoute en France, il faudrait avoir 2 050 écoutants. Or nous n'en avons que 1 800 environ", explique Rémi Rousseau, administrateur fédéral de SOS-Amitié France.
L'association peine aujourd'hui à recruter des volontaires. "Les écoutants ont du mal à s'engager autant qu'on le souhaiterait, continue M. Rousseau, à savoir une disponibilité de 20 heures par mois, incluant une nuit entière." En outre, la bonne volonté ne suffit pas. Il faut aussi passer toutes les étapes auxquelles SOS-Amitié soumet chacun des postulants : entretien avec un psychiatre, 30 à 60 heures (étalées sur douze semaines environ) de découverte de l'association et d'information sur les différents troubles mentaux, puis formation en situation auprès d'un écoutant confirmé.
A l'issue de ce parcours, c'est à peine une personne sur dix qui sera retenue. La sélection est rude, mais indispensable, car les souffrances qui s'expriment sont lourdes, notamment celles liées aux problèmes matériels comme le logement, le chômage ou la précarité (en hausse de 33 % par rapport à 2002).
Premier motif depuis toujours, le sentiment de solitude augmente aussi, et représente aujourd'hui 23 % des interventions. Il y a aussi la forte progression des appels en provenance de personnes atteintes de maladies mentales (plus 50 % par rapport à 2002). Faire face à des cas de dépression grave, de schizophrénie, de paranoïa pose problème à certains écoutants qui estiment "ne pas être faits pour ça". Difficile en effet de s'improviser sur ces pathologies qui exigent une prise en charge et un suivi que la société n'assure pas.
"Les écoutants sont de plus en plus souvent confrontés à des expériences traumatisantes et à des détresses spectaculaires, souligne Rémi Rousseau. Il faut être capable de maintenir un équilibre entre empathie et distance par rapport aux personnes qui appellent, mais aussi d'accepter la part de frustration inhérente à cette forme d'aide, dont on ne voit jamais les retombées."
Car l'un des fondements de SOS-Amitié, c'est le respect de l'anonymat. Pour celui qui appelle, cela permet une totale liberté d'expression. Pour l'écoutant, c'est une garantie de protection mentale et physique.
Lors de sa création, le premier objectif que s'était fixé l'association était l'aide aux personnes suicidaires. En France, plus que dans n'importe quel autre pays d'Europe, le nombre des suicides augmente (10 713 en 2005, selon l'Inserm). Pourtant, le nombre d'appels provenant de ceux qui sont en situation de désespoir (2 %) et de "suicidants" - c'est-à-dire ayant déjà engagé un processus suicidaire comme la prise de médicaments (0,2 %) - reste stable.
Les écoutants de SOS-Amitié sont essentiellement des femmes, âgées en moyenne de 60 ans. Un profil lié, en grande partie, à la disponibilité exigée et à l'expérience de la vie nécessaire pour ce rôle. "Nous aimerions avoir plus d'hommes, car leur écoute est extrêmement intéressante et apporte autre chose", remarque M. Rousseau. Certains bénévoles restent des années à SOS-Amitié (vingt ans parfois) mais ce n'est pas ce qui est souhaité à l'association. "Deux années seraient une bonne moyenne", estime M. Rousseau.
Les appels proviennent pratiquement autant d'hommes (47 %) que de femmes (53 %). Une conversation dure en moyenne 15 à 20 minutes, mais cela peut aussi aller jusqu'à une heure.
Depuis 2006, l'association a une adresse sur Internet. En 2007, elle y a enregistré 2 443 appels (contre 2 379 l'année précédente). Les femmes sont plus nombreuses à s'y exprimer (70 %) que les hommes. Et les personnes qui écrivent sur le site sont plus jeunes (45 % ont entre 25 et 39 ans, 30 % de 40 à 60 ans, 13 % de 20 à 24 ans et 7 % ont moins de 20 ans) que celles qui appellent au téléphone.
Sur Internet, le suicide est évoqué dans 16 % des messages, contre 2 % au téléphone. Les autres situations se retrouvent dans les mêmes proportions sur les deux moyens de communication. (Le Monde)

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12/06/2008

L'Irlande tient toute l'Europe en haleine.

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Près de trois millions d'Irlandais se rendent aux urnes ce jeudi pour se prononcer sur la ratification du Traité de Lisbonne. Ils sont seuls dans l'Union à organiser un référendum sur la question. Le clan du « non » pourrait l'emporter. Ce serait une nouvelle tuile pour le processus européen.
Le suspense est absolu. Quelque trois millions d'Irlandais de plus de dix-huit ans appelés aux urnes ce jeudi vont-ils rejeter le Traité de Lisbonne ? Les derniers sondages d'opinion le disent : une victoire du « non » est loin d'être exclue. Vague certitude : un temps nuageux mais assez sec devrait favoriser la participation au référendum. Les partisans du traité censé moderniser l'Union européenne élargie à vingt-sept pays, s'accrochent à ce « facteur M » : la météo. Car l'expérience a montré qu'un faible taux de participation trahit une forte mobilisation du « non », le « oui » préférant vaquer à d'autres occupations…
« Il reste plus d'un quart d'indécis. Le résultat dépendra d'eux, ainsi que du taux de participation », estime Pat Cox. L'ex-président (irlandais) du Parlement européen, à la tête de l'hémicycle de 2002 à 2004 au moment de la rédaction de la défunte Constitution européenne, mène campagne au sein de l'« Irish Alliance for Europe », un mouvement de la société civile. « Il y a un air de déjà vu » dans cette campagne, note Pat Cox. Nombre des critiques lancées contre Lisbonne par le camp du « non » reviennent comme une antienne à chaque référendum sur l'Europe. « Il n'y a rien dans le traité qui puisse décider quelque chose par rapport à nos lois sur l'avortement. Cela n'a pas empêché un révérend très anti-européen d'évoquer cette question. La story européenne de l'Irlande est très positive mais ces questions affectent le débat. Sans ces débats, les gens disent que l'Europe, c'est très bon ! En 1973, notre PNB équivalait à 58 % de la moyenne communautaire, 67 % en 1987 et 146 % après l'Acte unique… », martèle Pat Cox. « L'Europe doit se libérer de l'introspection et accoucher ».
Les Irlandais en décideront. Ils sont les seuls, en vertu de leur constitution nationale, à être directement impliqués dans la ratification du Traité soumis partout ailleurs au vote des Parlements – une formalité : 18 pays sur 27 ont déjà mené l'exercice à son terme. La pression placée sur les épaules des citoyens de l'île est immense. Et, peut-être, trop lourde pour ce peuple irrédentiste après des siècles de domination britannique, à qui l'on demande de dire « oui » à un texte difficile à saisir, et conçu comme tel… pour éviter les référendums, alors qu'un début marasme surprend les habitants du « Tigre celtique », surtout les moins gâtés, et que la tentation d'un vote-sanction anti-gouvernement n'est jamais loin. Verdict officiel ce vendredi 13.
Une victoire du « non » plongerait à coup sûr l'Europe dans une nouvelle crise majeure, elle qui tourne au ralenti et sans cap clair depuis des mois… pour ne rien entreprendre qui effrayerait l'électeur irlandais. Cette nouvelle commotion interviendrait trois ans après le rejet de la Constitution lors des référendums en France et aux Pays-Bas, illico suivi par un gel du processus de ratification dans plusieurs Etats membres, avant un laborieux dégel. Le rejet de Lisbonne par les Irlandais carboniserait le calendrier des dirigeants européens, qui rêvent d'une entrée en vigueur du Traité au début de l'an prochain – à l'impérative condition d'avoir été ratifié par l'ensemble des Vingt-Sept ; on guettera de près la réaction des capitales les plus eurosceptiques. Le « non » ruinerait aussi l'ambition du président français Sarkozy, qui prend la présidence semestrielle de l'UE le 1er juillet, d'orchestrer les nominations prévues à la tête de l'Union par le Traité.
Quant à l'Irlande, elle n'aurait que la possibilité – humiliante – de demander à ses électeurs de revoter (option catégoriquement repoussée jusqu'ici par Dublin) et à ses partenaires de négocier un aménagement du texte – mais lequel, vu l'hétérogénéité des revendications des partisans du « non » ? L'Irlande ne pourrait en tout cas pas prétendre au bénéfice d'une nouveauté prévue par Lisbonne : un retrait volontaire de l'Union.  ( PHILIPPE REGNIER / Le Soir)

11:19 Écrit par A.Cide dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : europe, irlande |  Facebook |